• Yousfi El Haddi

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La legende de Lalla Mimouna

Son nom est connu dans toute l’Algérie et même au Maghreb : Lalla Maïmouna ou Lalla Mimouna. On la localise aussi un peu partout : dans l’Algérois, en Kabylie, dans le Constantinois, au Sahara …
La légende dit que c’est une femme pieuse qui ne parlait que son dialecte berbère. Elle ignorait la langue arabe et ne savait dire pour toute prière que ces mots : «Mimouna adore Dieu et dieu écoute Mimouna.» Prière naïve mais prière sincère qui provient d’un cœur plein de foi et de sincérité.

Pour ne pas avoir à dire des choses désagréables, elle s’est retirée au sommet d’une montagne et vit en ermite. Elle dort dans une grotte et, le jour, assise sur un rocher, elle passe son temps à réciter sa formule : «Mimouna adore Dieu et dieu écoute Mimouna.» Le seigneur Tout-Puissant qu’elle invoque ainsi, sans fatigue, répond à ses besoins.

Elle avait chaque jour, dit la légende, sa nourriture et sa boisson de sorte qu’elle pouvait s’occuper de ses dévotions, sans avoir à se préoccuper de sa subsistance. Des gens parfois lui rendaient visite dans sa retraite et lui demandaient de faire des invocations pour eux. Elle répondait à la demande et, après avoir invoqué Dieu, elle reprenait sa litanie : «Mimouna adore Dieu et Dieu répond à Mimouna.»

Le temps passe, Mimouna vieillit, mais elle récite toujours sa formule, le cœur plein d’amour et de crainte pour Dieu. Un jour, alors qu’elle est en prière, un étranger de passage la croise :
— Bonjour brave femme, qui es-tu ?
— Je suis Mimouna ;
— Que fais-tu ici, seule, dans la montagne ?
— J’adore Dieu, jour et nuit, en récitant «ma» prière ;
— «Ta» prière ? Mais il n’y a qu’une façon de prier ; mais récite-moi «ta» prière !»

Elle lui débite alors sa formule : «Mimouna adore Dieu et Dieu répond à Mimouna» ; l’homme sourit : «Non, dit-il, ce n’est pas comme cela qu’il faut prier !
«J’ai toujours prié de la sorte, dit la pauvre femme, bouleversée à l’idée de ne pas être en conformité avec la religion.»
«Ne t’inquiète pas, dit l’homme, si tu veux, je vais t’enseigner la prière…»

La brave femme, encore plus inquiète, demande : «Dieu me pardonnera-t-il d’avoir ainsi prié toutes ces années de retraite ? Je ne savais pas comment procéder et je ne sais pas la langue arabe !»
« Assurément Dieu te pardonnera, dit l’homme, puisque ta foi est sincère !»

Il s’assoit à côté d’elle et lui enseigne la prière, en lui répétant les formules pour qu’elle ne les oublie pas. «Voilà, lui dit-il, satisfait, tu sais maintenant prier correctement !»

Quand l’homme se lève pour partir, Mimouna a appris la prière. «Va, lui dit-elle, que Dieu te récompense pour la peine que tu t’es donnée pour moi !
— Fais des invocations pour moi, dit l’homme». Et il s’en va. Aussitôt l’étranger parti, elle veut retourner à ses dévotions. Maintenant qu’elle a appris la façon correcte de prier, elle n’a plus besoin de ressasser sa formule : «Mimouna adore Dieu, Dieu répond à Mimouna».

Elle s’assoit à sa place habituelle et s’apprête à réciter les formules enseignées par l’étranger. Mais voilà que les mots s’emmêlent dans sa tête, elle n’arrive pas à les aligner et puis même les mots dont elle se rappelle, elle finit par les oublier.

«Mais que faut-il dire ?», se demande-t-elle. Elle regarde autour d’elle, dans l’espoir de revoir l’étranger qui lui a appris à prier, mais il a disparu ! «Mon Dieu, mon Dieu, gémit-elle, pourquoi cet homme est-il venu ? J’étais paisible et j’adorais mon Créateur, le cœur plein de foi, et voilà qu’il surgit et qu’il me dit que ma façon de prier n’est pas la bonne ! Il m’a appris sa façon mais je l’ai oubliée !» Elle se tord les mains : elle ne peut pas rester sans prier. Elle a le besoin vital d’invoquer le Seigneur pour lui témoigner sa foi ! Sans prière, elle est comme morte.

Puisque Mimouna a oublié la prière de l’étranger, elle ne peut que retourner à la sienne. Même si elle n’est pas correcte, elle exprime toute sa foi et son amour pour Dieu, Dieu lui pardonnera certainement son étourderie. «Mimouna, commence-t-elle, Mimouna…».

Et elle s’arrête : elle a oublié l’autre moitié de sa prière ! Elle tente de retourner à la prière de l’étranger, mais maintenant elle en a même oublié les premiers mots. Elle a oublié également sa formule ! Elle lève alors les mains au ciel et, dans un mouvement de colère, lance cette injonction : «Ô mon Dieu, cet homme m’a embrouillé l’esprit, embrouille sa route ! Fasse qu’il ne trouve pas son chemin ! Fasse qu’il reste prisonnier de la montagne jusqu’à ce que je retrouve ma prière !».

A ce moment-là, l’étranger qui s’apprêtait à quitter la montagne, se met à tourner en rond. Il lui semble que l’espace s’est refermé sur lui et il n’arrive pas à trouver son chemin ! «Que se passe-t-il, se demande-t-il, j’étais pourtant sûr de ma route, cette brave femme m’a bien orienté, je ne comprends pas pourquoi je me suis perdu !».

Il tourne ainsi toute la journée, passant et repassant inlassablement par les mêmes lieux. Désespéré, il décide de retourner auprès de Mimouna qui saura, peut-être, le guider. L’étranger retrouve Mimouna, pleurant, accoudée à son rocher.

«Qu’as-tu ? lui demande-t-il, tu étais bien quand je t’ai laissée.» Elle le regarde et lui dit sévèrement : «J’ai oublié la prière que tu m’as enseignée et j’ai également oublié ma formule, de sorte que je ne peux plus invoquer le Seigneur Tout-Puissant !»

L’homme a aussitôt un soupçon : «Mimouna, ne m’aurais-tu pas lancé une malédiction ?» – «Oui, dit la pieuse femme qui ignore le mensonge, je t’ai lancé une injonction !»
L’homme devient pâle. «Tu as dû me maudire de t’avoir embrouillée !» – «J’ai demandé à Dieu d’embrouiller ta route comme tu as embrouillé mon esprit !»
– «Pardonne-moi !» dit l’homme ;
– «Je te pardonne, dit Mimouna, mais rappelle-moi la prière !»
– «Je vais te rappeler ta formule, dit l’homme» ;
– Mais tu m’as dit qu’elle était incorrecte» ;
– «Que non ! dit l’homme. Ta façon de prier est très correcte puisque Dieu agrée tes invocations. Continue à la réciter, continue à adorer Dieu à ta façon, ô Mimouna, qu’importent les formules puisque, pour Dieu, seules la foi et la sincérité comptent ! Mimouna retourne donc à sa prière : ‘’Mimouna adore Dieu et Dieu connaît Mimouma.’’» Et l’homme, comme par enchantement, retrouve son chemin.

 

 

La légende de Yemma Gouraya

 

Lalla Gouraya, une guerrière qui se livra à la vie érémitique au sommet de sa montagne…

Gouraya est une femme qui vécut pendant la première moitié du XVIe siècle. D’une famille de marabouts dont l’influence s’étendait sur toute la Kabylie, elle hérita sa sainteté universellement reconnue de son père Sidi Ayad, l’un des saints les plus vénérés et respectés de la région dont le mausolée existe toujours dans le village qui porte son nom près de Sidi-Aïch. Gouraya avait trois sœurs : Lalla Timezrit dont le mausolée veille sur les deux versants d’une montagne près d’Il-Matten, Lalla Zghitane qui veille sur Jijel et Lalla Yamna inhumée au pic de la dent, non loin de sa sœur Gouraya.

Dès son enfance, Lalla Gouraya reçut une grande initiation à la religion musulmane et dans la force de l’âge, elle enseigna le soufisme aux jeunes filles à Béjaïa dans une mosquée près de Aïn Boukhlil.

Dès son enfance, Lalla Gouraya reçut une grande initiation à la religion musulmane et dans la force de l’âge, elle enseigna le soufisme aux jeunes filles à Béjaïa dans une mosquée près de Aïn Boukhlil.

Célèbre par sa science et sa piété, elle acquit une réputation de sagesse en renonçant au monde profane et bénéficia d’un grand respect parmi les habitants de la ville et de la région, car elle participait le plus possible à la vie universelle, s’oubliant elle-même au détriment des autres, se dévouant pour la conciliation, la pacification et l’arbitrage entre les musulmans.
Lalla Gouraya s’aperçut un jour qu’elle avait le don de la prophétie et qu’elle pouvait guérir les maladies et conjurer les périls. Après quelques essais heureux de cette puissance que Dieu lui avait accordée, elle n’hésita pas à opérer devant la foule, ses oracles à double entente étaient rarement démentis par les événements. Les Kabyles reconnurent son don sacré et ne cessèrent de solliciter son aide.

En 1510, Lalla Gouraya fut témoin de la période historique la plus douloureuse et destructrice pour Béjaïa, avec la prise de la ville par les Espagnols.

N’admettant pas l’occupation de sa ville par les Chrétiens, elle rentra en résistance. De village en village, elle prêcha la guerre sainte, n’eut cesse d’attiser la foi et le Jihad pour mettre sur pied la résistance, d’encourager et de convaincre les Kabyles de la région à s’unir pour combattre et chasser les infidèles de leur patrie. Des marabouts très respectés de la Kabylie, tels que Lalla Khadija et Ahmed Ben El Kadi, roi de Coucou la rejoignirent dans ce combat. Deux ans plus tard, « Lalla Gouraya, la sainte patronne de Béjaïa, fut témoin de la « bravoure » de Baba Arroudj lorsqu’il vint libérer la ville du joug chrétien dans la vaine tentative de 1512. »

En effet, d’après les Razaouat, les trois frères Barberousse : Arroudj, Khair-Eddine et Ishac siégèrent pendant plusieurs mois la ville de Béjaïa avec des contingents kabyles puis abandonnèrent le siège à défaut de poudre, des pluies torrentielles,de l’arrivée des renforts espagnols et de la mort de Ishac. Grand fut l’abattement de Baba Arroudj devant tant de malheurs successifs. Désespéré, il appelait la mort à son aide mais les Kabyles le réconfortèrent.

« Après son énergique résistance, Bougie reçut des Arabes le nom « d’imprenable » ; Là où Barberousse avait échoué, on ne pensait que personne put réussir, mais Lalla Gouraya, la sainte maraboute de la montagne assura aux Turcs qu’ils ne devaient pas quitter le continent kabyle avant qu’ils fussent largement dédommagés de leurs revers. »Alors, Barberousse se résigna aux ordres suprêmes de l’Eternel qui détermine à son gré le moment de l’élévation et celui de la chute des Empires. Après avoir congédié les berbères et se les êtres attachés plus que jamais par leurs libéralités, ils retournèrent à leurs vaisseaux

Ainsi, malgré cet échec, Lalla Gouraya redonna espoir aux Kabyles et aux frères Barberousse en professant que leur terre serait un jour libérée de l’oppression espagnole. Après plusieurs années de résistance, sa prophétie se vérifia. Béjaïa fut délivrée des Espagnols lorsque Salah Raïs à la tête de l’armée algéroise, renforcée encore de forts contingents Kabyles conduits par leurs marabouts dont Ahmed Ben El Kadi, libérèrent la ville en septembre 1555, après quarante-cinq ans d’occupation.
elle continuera à propager son savoir jusqu´à un âge avancé. A sa mort, les habitants de la contrée firent de sa demeure un mausolée, et un lieu de dévotion et de prière.
Elle est pour les Béjaouis ce soldat infatigable qui veille sur leur ville, et la protège grâce à la bénédiction divine qu´elle a reçue.

La légende de Lalla Kh’didja

 

Kh’didja, qui était bergère, pouvait se transformer en chacal pour surveiller son troupeau lorsqu’elle se trouvait dans les pâturages.
La légende de Lalla Khadidja puise son origine du prénom d’une jeune fille dotée de pouvoirs magiques, issue du village Ibelbaren dans l’actuelle commune de Saharidj, situé à 60 kilomètres à l’est du chef-lieu de wilaya. D’après une légende qui se transmet de génération en génération et qui remonte à un passé très lointain, Kh’didja était dotée de pouvoirs surnaturels. Elle pouvait par exemple déplacer les objets, tisser la laine, préparer le repas, moudre le blé et réaliser d’autres taches ménagères rien qu’en fermant les yeux et en pensant très fort à ce qu’elle voulait accomplir, le tout sans exécuter aucun geste. Ces faits lui ont valu une notoriété locale très importante.
Les gens de son village racontent qu’à cette époque Kh’didja, qui était bergère, pouvait se transformer en chacal pour surveiller son troupeau lorsqu’elle se trouvait dans les pâturages. Un jour de marché hebdomadaire, et alors que les chefs de famille du village partaient faire leurs commissions, un villageois curieux suivra discrètement la jeune bergère dans les champs. Tout en gardant respectueusement ses distances de la jeune fille, le curieux aperçu un spectacle inimaginable. C’était l’heure de la prière du Dhor, lorsque Khadidja s’est littéralement envolée vers le sommet de Tamgout (2308 mètres) alors qu’elle avait au préalable confié son troupeau à un chacal.
Le soir de retour au village, le curieux se dirigea directement vers Tajmaât où il raconta dans les détails ce qu’il avait vu dans la journée. Le lendemain, une poignée de villageois voulant vérifier la véracité des propos tenus par le curieux décide de suivre la jeune bergère. Ils eurent à constater les mêmes faits. Suite à cela, le sommet de cette montagne fut rebaptisée au nom de la bergère et devint de fait un lieu de culte et un lieu de pèlerinage après la mort de Kh’didja.
Un mausolée a donc été édifié sur le lieu même de son domicile, dans son village.
Depuis cette époque, le sommet de Tamgout est visité sept mercredis de suite chaque année durant les mois de juillet et d’août. Une autre légende raconte qu’une famille nombreuse portant le nom d’Ath Lahcène ne laissait guère Kh’didja tranquille. Des membres de cette famille étaient très indisciplinés et faisaient preuve de mesquinerie envers la bergère en lui volant les fruits de son jardin, en salissant les vêtements qu’elle laissait sécher au soleil, etc. Pour mettre un terme à ces exactions interminables et répétitives, Kh’didja pria Dieu pour que cette famille quitte les lieux. Un jour, un brouillard épais et dense vient recouvrir le village en le plongeant dans une obscurité complète, à tel point qu’on ne voyait absolument rien. Devant ce phénomène inexpliqué, la turbulente famille quitta les lieux pour s’exiler de l’autre côté du versant du Djurdjura, du côté de Beni Yenni, où l’on retrouve effectivement un village qui porte le nom des Ath Lahcène. 

 

 

La légende d’El Alia

 

Une femme sainte est El-Alia. Elle habitait La Casbah d’Alger, du temps des Turcs. Cette femme, tout comme Lalla Mimouna, n’est pas évoquée dans les livres d’histoire mais la mémoire populaire garde son souvenir.

C’était une femme très riche mais dont la vie n’avait été qu’une suite ininterrompue de malheurs : elle a vu tous ses enfants et son mari mourir… D’autres narrateurs disent qu’El-Alia n’a jamais eu d’enfants, elle ou son mari ou les deux étant stériles. Mais on s’accorde à dire qu’elle avait de la fortune et surtout qu’elle possédait des biens immobiliers et des terres dans Alger et ses environs.

Elle offrait tout ce qu’elle avait et quand l’hôte passait la nuit chez elle, elle le régalait toujours d’un bon plat. S’il avait un conjoint ou des enfants, elle lui remettait une part de la nourriture qui restait. Elle était bonne avec ses voisins et secouraient les plus pauvres d’entre eux.

Une femme était enceinte et avait des envies ? Elle allait la supplier de lui dire ce qu’elle désirait. Elle se faisait toujours un plaisir de lui ramener la chose désirée. Elle visitait quotidiennement les malades, leur apportait des gâteries. Et quand ils n’avaient personne pour s’occuper d’eux, elle le faisait. Elle leur lavait leurs vêtements, leur apportait des médicaments…

Quand on disait à El-Alia qu’elle était bonne, elle répondait : «On n’est jamais assez bon, dit la femme, Dieu seul a la bonté suprême.» Et elle continuait à faire le bien autour d’elle, à soulager les misères, à réconforter les malheureux… Elle n’avait jamais fait le pèlerinage à La Mecque, mais elle avait le visage rayonnant de ceux qui revenaient de la Terre sainte. Tout le bien qu’elle faisait semblait l’auréoler.

On dit qu’elle était belle dans sa jeunesse et qu’elle a gardé en partie son éclat, mais la sainteté qui se dégageait d’elle l’illuminait davantage. L’âge vient, l’âge qui handicape, faisant marcher difficilement, baissant la vue… El-Alia se déplace péniblement mais tant qu’il lui reste des forces, on la voit encore trottiner, appuyée sur sa canne, allant d’une maison à une autre, soulageant les misères…

Mais hélas, ses forces finissent par l’abandonner. Elle doit garder le lit. elle n’a ni époux, ni enfants, ni même des proches, mais sa maison ne désemplit pas. On lui rend visite, on s’occupe d’elle, on lui prépare à manger, on l’aide à faire sa toilette… Elle n’avait plus de parent mais tout le voisinage était à son service. C’était à celle qui la servirait le mieux, lui apporterait un plat, lui tiendrait compagnie…

Le soir de sa mort, ses voisines viennent la faire manger. Elle est souffrante et touche à peine à la nourriture. «El-Alia, si tu veux que l’une d’entre nous reste avec toi…– Non, non, rentrez chez vous ! vos époux et vos enfants ont besoin de vous !» Les voisines insistent : «Tu es sûre que tu n’auras besoin de rien ? – Non, Dieu Très Haut pourvoira à mes besoins.»

Les voisines s’en vont. El-Alia meurt dans la nuit. Au matin, les voisines se présentent chez la vieille femme. Elles sont surprises par une odeur agréable qui émane de sa maison. «C’est du musc ! C’est du benjoin ! – El-Alia s’est donc levée dans la nuit pour brûler de l’encens ? – Sachant qu’elle ne pouvait plus se lever, les femmes sont soudain prises de peur…Quand elles se décident enfin à entrer dans la demeure, elles trouvent El-Alia étendue sur son lit, sa toilette funèbre faite et le linceul blanc la couvrant. Des bougies sont allumées et des bâtons d’encens brûlent dans un godet ! Et c’est ainsi que toute la Casbah a appris que El-Alia, la vieille femme, a été lavée par les Anges, en récompense des bienfaits qu’elle a faits dans la vie.

Aujourd’hui peu de gens connaissent son histoire. Seul le grand cimetière d’Alger, El Alia, perpétue son nom. Ce cimetière, dit-on, est un terrain qui lui a appartenu et dont elle a fait don à la communauté…

Hammam meskhoutine : la légende

 

Il y’a de cela très longtemps, vivait dans cette belle région de l’Algérie (Guelma), une tribu puissante et redoutée dans tout le pays. Enfant déjà, le héros de l’histoire s’illustre par son intelligence et sa supériorité dans le jeu avec les autres petits enfants de son âge. Homme, il devient le cavalier le plus valeureux de toute la tribu. Rien ne paraissait pouvoir l’arrêter. Les sages de la tribu essayaient, en vain, de lui inculquer les principes de la force maîtrisée. Difficile de croire en autre chose qu’en sa propre force quand on est le plus fort de tous et dans tous les domaines … Le valeureux cavalier avait une sœur qui aussi était la plus belle femme qu’on ait jamais vue dans toute la région et même dans tout le pays, chose qui poussa hélas notre puissant cavalier à être persuadé de plus en plus de sa supériorité …
Le jour vint où notre cavalier, devenu le plus grand guerrier qu’ait connu tout le pays, voulut aimer une femme. Il n’en trouva point à son goût. La seule qui lui plut fut sa propre sœur, laquelle ne s’opposa pas à cette idée. Les gens scandalisés crièrent au sacrilège. Les sages dénoncèrent avec véhémence cette nouvelle profanation … et voulurent l’en dissuader et l’appeler à la raison …
Rien de cela ne suffit. Il persista dans son entreprise, organisa la fête de mariage qui fut célébrée sur la plus belle colline de toute la vallée. Beaucoup ne voulant pas assister à ce mariage incestueux quittèrent les lieux. Quelques-uns choisirent le camp du puissant guerrier qui trouva même un Cadi (juge) pour officialiser son union … et la fête commença …
Les habitants de la région, enfuis, ne revinrent à cet endroit qu’un certain temps après cet « évènement ». Ils n’en crurent guère leurs yeux. Ils se trouvèrent devant une scène effrayante: les mariés furent pétrifiés au moment où ils allèrent officialiser leur union, ainsi que tous leurs invités, le Cadi corrompu voulant prendre la fuite le fut à son tour à quelques lieux de là …
Cette effroyable scène se tient de nos jours au même endroit, les mariés sont toujours là se regardant, les invités discutant et écoutant de la musique, le juge s’enfuyant sur la montagne d’en face … tous changés en pierre… pour rester une leçon pour l’éternité.

 

 

 

Légende d’Algérie : « Lounja aux cheveux d’or »

 


Il était une fois une très jolie princesse surnommée « Lounja aux cheveux d’or ». Elle était tellement belle que l’ogresse « el ghoula », en l’apercevant jouer, décida de l’enlever. Malgré les pleurs et les cris de la petite fille, elle l’emmena dans la forteresse où elle habitait et la jeta dans la plus haute tour.

La petite princesse ne pouvait pas se sauver car il n’y avait pas de porte, seulement une fenêtre par laquelle entrait et sortait l’ogresse. En fait, el ghoula se servait des longs cheveux de Lounja pour descendre de sa tour et, pour rentrer, elle appelait Lounja en chantant : »Lounja, Lounja, envoie-moi ta chevelure ».

Ainsi, ses cheveux lui servaient de corde pour escalader jusqu’à sa tour inaccessible. Un jour, un prince se promenant dans la forêt aperçut l’ogresse et décida de la suivre discrètement. Il la vit chanter quand soudain une superbe natte de cheveux dorés s’élança de la fenêtre. El ghoula la saisit et monta jusqu’en haut de la tour.

Etonné par ce manège, le prince décida de revenir le lendemain et, de nouveau, l’ogresse escalada jusqu’en haut de la tour grâce à cette merveilleuse natte dorée. Le surlendemain, il guetta tôt le matin quand l’ogresse fut partie et appela Lounja. Surprise d’entendre une autre voix, la princesse, devenue une belle jeune fille, se pencha et vit le prince. Subjugué par la beauté de Lounja, il lui sourit et lui promit de venir la sauver dans la nuit quand l’ogresse dormira.

Il prit une longue corde avec lui et escalada la tour. Une fois arrivé, il attacha silencieusement la corde à un pilier près duquel l’ogresse dormait profondément. Puis il fit descendre la princesse et glissa à ton tour le long de la corde. Une fois qu’ils eurent touché terre, ils entendirent soudain les hurlements de l’ogresse qui s’était rendue compte de l’absence de la princesse.

Vite, ils montèrent sur le cheval du prince qui galopa pour traverser le fleuve. En se retournant, le prince aperçut l’ogresse les poursuivant et essayant à son tour de traverser le fleuve. Le prince tendit sa main vers les eaux et dit : »Ô fleuve, mon ami, à Lounja, je veux sauver la vie ! Protège-nous d’el ghoula, te traverser ne la laisse pas ! »

Soudain, le fleuve gonfla ses eaux, de grandes vagues et tourbillons accompagnés d’un grand vacarme menacèrent l’ogresse qui tentait de rattraper le prince… En vain, car engloutie par les vagues, elle finit par se noyer.

Le prince arriva à son royaume acclamé par sa famille heureuse de la voir accompagné de la belle princesse. Quelques jours après, la princesse et le prince firent un très beau mariage et ils vécurent heureux très longtemps…

 

La légende de N’fissa et Fatma/ La flamme de l’amour

 

Dans la Casbah d’Alger, vivaient à l’époque Ottomane N’fissa et Fatma, les deux filles du Dey Hassan Pacha. Au printemps de leur vie, elles rayonnaient de charme et de beauté. N’fissa et Fatma étaient comme les doigts d’une seule main, unies et inséparables. Leur complicité n’avait d’égale que leur amo…ur et leur affection. Un jour, leurs yeux croisent le regard d’un beau jeune homme. Cupidon est dans les parages. Le cœur des deux jeunes filles s’emballe. Elles s’entichent de ce jeune hidalgo. Mais comme aucune d’entre elles ne veut blesser l’autre, N’fissa et Fatma s’enferment dans un silence assourdissant.

À mesure que les jours passent, elles deviennent de plus en plus pâles. Refusant de se nourrir, elles sombrent dans la maladie, rongées par ce mal étrange qu’on appelle l’amour. Les deux filles du Dey Hassan Pacha se consument comme deux bougies.
Le chagrin d’amour a raison d’elles. On ignore qui est la première à passer de vie à trépas, mais leur histoire jette l’émoi dans toute la Casbah. «Que c’est triste de voir deux belles roses se faner au printemps de leur vie» murmure-t-on.
Les deux princesses sont enterrées à la rue N’fissa (ex-rue de l’Empereur, Casbah), à l’ombre de trois figuiers centenaires.
Aujourd’hui, une seule tombe subsiste, celle de Fatma, elle gît sous un jardin luxuriant, l’épitaphe est entièrement taillée de marbre. La tombe de N’fissa a, quant à elle, été saccagée durant la décennie noire.
Dans ce temple de légende, se dresse également la qobba de Sidi Ben Ali. Un cimetière qui dégage une douce sérénité. C’est dans ce havre de paix, que repose à jamais, les deux princesses, filles du Dey Hassan Pacha.

LA LEGENDE DE BENT EL KHASS.

 

La légende nous apprend que Bent al-Khass a été une souveraine juste, exerçant son autorité avec sagesse.
Il est vrai que beaucoup d’hommes n’appréciaient pas d’être gouvernés par une femme mais comme elle se montrait très juste, ne méprisant personne, ne tenant compte ni de la fortune ni du rang des gens, ils se résignaient.

Elle disait : «Vous êtes tous égaux, comme les dents d’un peigne !» Un jour, un sultan du Gharb, séduit par sa grande beauté, s’est épris d’elle. Il lui rend visite – chargé de présents – et demande sa main. «Nous unirons nos deux tribus, lui dit-il, et nous formerons un royaume puissant. Que dis-tu de ma proposition ?»
Bent al-Khass ne lui répond pas. Il prend cela pour de la timidité et insiste. Alors la jeune femme lui répond poliment : «Je suis honorée par la proposition d’un sultan aussi fort et aussi valeureux que toi, mais je n’ai pas l’intention de me marier ! – Faut-il comprendre que ton cœur est déjà pris ? – Non, non, je ne veux pas me marier, ni avec toi ni avec un autre !».
Le sultan se sentant offensé par ce refus, lui livre aussitôt la guerre. Retranchée dans une forteresse, la jeune femme et sa tribu doivent subir un siège long et épuisant. La nourriture et surtout l’eau viennent à manquer et la population est menacée de mourir derrière ses forteresses..
On vient retrouver Bent al-Khass.
«Tu dois te rendre», lui disent les notables, venus la voir en délégation. La jeune femme répond : «Si j’accepte sa proposition sous la contrainte, il ne manquera pas de nous dominer !
— Mais si le siège continue, nous allons tous mourir de soif !
— Faites-moi confiance, dit la jeune femme, je saurai vous débarrasser du tyran !»
Bent al-Khass demande alors aux femmes de réunir les burnous de leur mari et, avec le peu d’eau qu’il reste, de les laver. Les hommes voyant les femmes lavant les burnous s’insurgent contre ce gaspillage d’eau.
«Quoi ! s’écrient-ils, nous manquons cruellement d’eau et vous, vous lavez des burnous. Arrêtez donc !»
Les femmes répondent : «C’est Bent al-Khass qui nous a demandé de faire ainsi.»
On les laisse donc continuer. Elles étendent, toujours sur ordre de Bent al-Khass, les burnous sur les murs de la forteresse pour que l’ennemi les voie.
Le sultan du Gharb et ses hommes les voient, en effet, et ils s’écrient : «Les réserves d’eau de Bent al-Khass seraient donc abondantes au point de laver les burnous de ses hommes ?»
Le jour-même, le sultan lève le siège. Ainsi, la jeune femme, une fois de plus, a pu se sortir d’une mauvaise passe, et surtout, est parvenue à avoir raison d’un tyran
Cette entrée a été publiée le Vendredi 5 août 2011 à 10 h 15 min, et rangée dans Contes et légendes, Coutumes et traditions, Culture et patrimoine, Les saint(e)s et lieux saints dans la tradition, Légendes et rites de nos sanctuaires

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